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VMware reparle de vSphere Standard : une offre pour les petites infrastructures ?

VMware reparle de vSphere Standard : une offre pour les petites infrastructures ?

VMware semble vouloir redonner une place à vSphere Standard. Pour les entreprises qui exploitent deux ou trois hôtes et une baie de stockage, le sujet mérite qu’on s’y attarde. Reste à voir ce que Broadcom mettra dans cette offre, à quel prix et avec quelles garanties pour la suite.

Depuis le rachat de VMware par Broadcom, on parle beaucoup de licences, de bundles et de VMware Cloud Foundation. Beaucoup moins de ces infrastructures que l’on croise régulièrement chez les clients : quelques hôtes ESXi, du stockage partagé et des VM qui font tourner l’entreprise.

Le besoin est pourtant toujours là. Il faut héberger les applications, assurer leur disponibilité, pouvoir maintenir les serveurs sans tout arrêter et disposer de sauvegardes fiables. Le tout avec une équipe qui n’a pas forcément le temps de gérer une plateforme de cloud privé.

C’est pour ces environnements que les déclarations de Broadcom, rapportées début septembre par The Register, sont intéressantes. vSphere Standard devrait évoluer. Je trouve le signal encourageant, même s’il manque encore les informations qui permettront de se faire un véritable avis.

VMware remet les petites infrastructures dans la discussion

Dans l’entretien publié le 2 septembre 2026, Paul Turner reconnaît que VMware a parfois accordé trop de place à VMware Cloud Foundation. Il indique également que les mécanismes commerciaux qui poussaient les clients vers VCF ont été corrigés.

C’est une reconnaissance que j’attendais de voir se traduire dans le discours de l’éditeur. VCF répond à des besoins, mais ces besoins ne sont pas ceux de tous les clients VMware.

Quand une entreprise exploite trois serveurs et une baie SAN, elle cherche généralement une infrastructure stable, que son équipe sait administrer et qu’elle pourra faire évoluer sans devoir reprendre toute son architecture. Une plateforme plus large peut avoir un intérêt, à condition de pouvoir expliquer ce qu’elle apporte concrètement à ce client.

Il faut aussi préciser ce que signifie ce « retour » de Standard. L’édition n’avait pas disparu du catalogue. Il s’agit plutôt de lui redonner une perspective d’évolution, après une période où l’essentiel de la stratégie VMware s’est concentré sur VCF.

On parle donc davantage d’une nouvelle génération de vSphere Standard que de la résurrection d’un produit. À ce stade, les déclarations donnent une direction, mais pas encore une offre que l’on peut chiffrer et comparer.

Deux ou trois hôtes, une baie : un besoin toujours bien présent

Ram Velaga évoque notamment des environnements autour de 128 cœurs. Pour se représenter ce que cela signifie, prenons deux configurations :

  • deux hôtes, avec deux processeurs de 32 cœurs chacun : 128 cœurs ;
  • trois hôtes, avec deux processeurs de 24 cœurs chacun : 144 cœurs.

Ces exemples illustrent la taille des infrastructures concernées. Ils ne correspondent pas à des seuils de licence annoncés.

Ce sont des configurations qui ressemblent à ce que l’on rencontre sur le terrain. Elles hébergent des serveurs de fichiers, des bases de données, des applications métiers, parfois des services critiques. Leur taille ne dit d’ailleurs pas grand-chose de leur importance pour l’entreprise : une panne sur un cluster de deux hôtes peut suffire à mettre toute une activité à l’arrêt.

L’architecture reste souvent classique, avec des hôtes regroupés en cluster et plusieurs chemins vers une baie de stockage partagée.

Exemple d’architecture avec stockage partagé et chemins redondants. Les réseaux VM, vMotion et sauvegarde ne sont pas représentés.

Ce modèle répond encore à beaucoup de besoins. Tout le monde n’a pas un projet de cloud privé, et une infrastructure n’a pas besoin de devenir plus complexe simplement parce que le catalogue de son éditeur évolue dans cette direction.

Ce que j’attends d’une édition Standard

Sur le plan technique, VMware conserve de vrais atouts. La maturité de la plateforme, les habitudes d’exploitation et les intégrations avec le stockage, la sauvegarde ou la supervision comptent dans le choix d’un hyperviseur.

Pour une future édition Standard, je regarderai d’abord les fonctions utiles au quotidien.

vCenter, pour commencer. Il faudra savoir s’il est inclus et dans quelles conditions. Pour administrer un cluster, la gestion centralisée fait partie du besoin.

vMotion et HA, ensuite. Pouvoir déplacer les VM pour maintenir un hôte et les redémarrer sur un autre serveur en cas de panne, c’est ce que l’on attend d’une infrastructure de production. Ce sont deux mécanismes différents, mais tous deux ont leur place dans ces petits clusters.

Je regarderai aussi la prise en charge du stockage partagé et les possibilités d’intégration avec les solutions de sauvegarde. Un client déjà équipé d’une baie FC ou iSCSI et d’une solution comme Veeam doit pouvoir évaluer l’offre en tenant compte de cet existant.

Viendra ensuite le détail des fonctions et des droits associés à l’édition : DRS, Distributed Switch, outils de gestion du cycle de vie… Selon les choix retenus, l’intérêt de Standard pourra être assez différent d’un environnement à l’autre.

Cette liste correspond à ce que j’attends de l’offre, pas à son contenu annoncé. Il faudra lire le périmètre exact avant de conclure.

Et je regarderai aussi ce que cela implique pour l’exploitation. Une licence n’est qu’une partie du coût : il faut ensuite administrer la plateforme, la mettre à jour, la superviser et savoir la dépanner. Dans une petite équipe, le temps nécessaire pour faire tout cela pèse vite dans la balance.

Le Memory Tiering : intéressant, mais je regarderai d’abord le reste

Paul Turner a également cité le Memory Tiering parmi les fonctions susceptibles de rejoindre la future offre.

Le principe consiste à utiliser du stockage NVMe rapide comme un niveau de mémoire complémentaire à la DRAM, notamment pour certaines pages mémoire moins sollicitées. Avec le coût de la mémoire dans les serveurs, on comprend l’intérêt de la piste.

Il faudra toutefois regarder les conditions d’utilisation, les prérequis et le comportement avec les workloads concernés. Le NVMe ne devient pas de la DRAM, et le bénéfice devra être évalué sur un cas concret.

C’est donc une fonctionnalité que je suivrai avec intérêt. Mais pour un client qui se demande s’il peut conserver VMware au prochain renouvellement, les premières questions resteront probablement le prix, les fonctions incluses et les conditions commerciales.

Le devis et le renouvellement feront la différence

Pour juger cette future édition, il faudra pouvoir poser un devis sur la table et le rapprocher d’une infrastructure réelle.

Quel sera le prix par cœur ? Y aura-t-il un minimum à licencier ? vCenter sera-t-il compris ? Quelle durée d’engagement faudra-t-il accepter ? Et que se passera-t-il au renouvellement ?

Le nombre minimal de cœurs mérite une attention particulière. Entre les cœurs physiquement présents et ceux qu’il faut effectivement licencier, les règles commerciales peuvent modifier sensiblement le calcul. Pour une offre destinée aux petites infrastructures, ce point sera déterminant.

Mais c’est surtout la visibilité dans le temps que j’attends. Un tarif acceptable aujourd’hui ne suffit pas si l’on ne sait pas dans quelles conditions on pourra renouveler dans trois ans.

Ars Technica revient d’ailleurs sur cette question de confiance dans son article du 4 septembre. Elle est compréhensible : choisir un hyperviseur engage bien plus qu’un budget annuel. Les équipes se forment, les procédures se construisent, la sauvegarde et la supervision s’intègrent autour de la plateforme.

Quand un client investit dans un cluster pour plusieurs années, il a besoin de pouvoir se projeter. Une nouvelle édition peut améliorer la situation, mais la confiance se reconstruira aussi dans la durée, au fil des décisions commerciales de Broadcom.

Les alternatives font désormais partie de la réflexion

Pendant ce temps, les discussions autour de Proxmox VE, Hyper-V ou Nutanix AHV ont pris de la place. Leur pertinence dépend de l’environnement, des compétences disponibles et des besoins du client.

Comparer ces plateformes en cherchant uniquement l’équivalent de chaque fonction VMware ne suffit pas toujours. Je trouve plus utile de commencer par une question simple : quelles fonctions sont réellement utilisées, et lesquelles sont indispensables ?

Pour certains clients, la réponse justifiera de conserver VMware. Pour d’autres, elle permettra d’envisager une plateforme différente. Le résultat ne sera pas le même selon les applications, le stockage, les exigences de disponibilité ou les outils déjà en place.

Il faut ensuite chiffrer la migration elle-même. Convertir les VM ne représente qu’une partie du travail. Il reste à valider le réseau, les performances, les sauvegardes, les restaurations et les procédures de reprise. Sans oublier la prise en main par les équipes.

La comparaison doit porter sur une même durée et un périmètre fonctionnel équivalent, en intégrant le projet de migration et l’exploitation.

C’est pour cela qu’une édition Standard bien positionnée pourrait intéresser les entreprises encore sous VMware. Elles disposent déjà d’une plateforme connue et intégrée à leur environnement. Si les conditions redeviennent cohérentes avec leur besoin, rester peut être une décision parfaitement rationnelle.

À l’inverse, le coût d’une migration ne doit pas empêcher de regarder les alternatives. Il doit simplement figurer dans le calcul, au même titre que les licences et les coûts d’exploitation futurs.

Ce que j’attends maintenant

Des précisions pourraient être communiquées à l’occasion de VMware Explore on Tour à Francfort, prévu les 13 et 14 octobre 2026.

Je regarderai en priorité :

  • le prix par cœur et les minimums de licence ;
  • les fonctions incluses et les conditions associées à vCenter ;
  • les éventuelles limites de taille des clusters ;
  • les modalités de passage depuis les licences actuelles ;
  • les engagements et les conditions de renouvellement.

Avec ces éléments, on pourra commencer à comparer des scénarios concrets.

Pour le moment, je retiens surtout que VMware remet dans la discussion un besoin qui n’a jamais disparu : faire fonctionner quelques dizaines de VM sur une infrastructure fiable, avec des moyens proportionnés.

C’est une bonne nouvelle pour les clients concernés. J’attends maintenant de voir si l’offre commerciale suivra. Le jour où l’on pourra la chiffrer pour un cluster de deux ou trois hôtes, on saura beaucoup mieux ce que vaut cette annonce.


Sources